COVID-19 : Entre vérité et irrationalité


Articles / mardi, mars 17th, 2020

« Confinement », « quarantaine », « confinement total », « couvre-feu », absence de pâtes, riz, féculents ou de conserves dans les rayons. Farine, œufs, sucre, beurre : plus rien. Les « nous sommes en guerre » du président et le chapelet de terminologies angoissantes, rappellent tristement leur jeunesse à nos aînés les plus âgés.

Et pourtant, derrière la psychose montée de toute pièce par les médias, se cache une rationalité qui a du mal à voir le jour. Nait alors deux camps qui n’ont pas tout à fait tort ni tout à fait raison : les uns craignent déraisonnablement pour leur vie, s’agacent de l’inconscience de certains, tandis que les autres prennent la maladie à la légère.

La réalité est plus ténue. Dans nos sociétés émotionnelles, spectateurs et spectatrices doivent être amenés à davantage de subtilité. À mettre fin à un manichéisme primaire et à la morale comme argument simple d’autorité.

Si le Coronavirus, comme toutes les grippes, demeure mortelle pour les plus âgées, les personnes immunodéprimées, les fumeurs, les personnes affaiblies par la maladie ou les habitudes de vies, elle n’en reste pas moins bénigne pour les plus biens portants d’entre-nous.

Pourtant, à écouter les médias, nous ferions face à une nouvelle pandémie toute droite sortie du moyen âge, portant avec elle les réminiscences d’un relent de peste noire. Une angoisse panique s’invite et amène les personnes, même celles qui n’ont rien à craindre, c’est-à-dire la majorité, à avoir peur. De surcroît, pas pour les bonnes raisons.

Certes, ne rien faire, ne pas faire preuve de civisme en respectant les efforts de confinement, c’est mettre les plus faibles en danger. Mais c’est surtout reporter le stress sur les hôpitaux dont les coupes budgétaires successives n’ont cessé que d’appauvrir les services. L’afflux de patients provoqué par la propagation de la maladie amène les urgences à saturation. Par manque de lits disponibles, les voilà incapables de prendre en charge les affaires courantes, mais non pas moins urgentes : dialyses, crises cardiaques, avec leur lot de traumatismes et autres urgences du quotidien.

Il faudrait donc nuancer le message : si le Coronavirus n’a aucune conséquence néfaste sur la plupart d’entre nous, il convient néanmoins de respecter les consignes visant à restreindre la propagation sans céder à la peur. La psychose créée par les médias n’est en rien justifiée et aggrave véritablement la situation en créant des pénuries artificielles et alimentant la peur. À l’image de la grippe, le Coronavirus frappe avant tout les plus faibles. En revanche, ce qu’il faut, c’est se protéger soi pour protéger les autres. L’émotionnel agite. Il fait vendre. A jouer avec le feu, les médias mènent un jeu dangereux irresponsable. Ce qu’il faut craindre, ce n’est non pas le Coronavirus, mais bien la saturation des hôpitaux.

Mais, les médias n’ont-ils pas déjà depuis bien longtemps, laissez tomber le sens des responsabilités ?

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