JDE #3 – Je dois trouver un sujet


Articles / samedi, août 18th, 2018

Sources d’inspirations de la semaine

Dans mes sources d’inspirations de la semaine se sont glissés les podcasts d’Antoine BM disponibles sur la plateforme Youtube. Je trouve ce système vraiment intéressant et il faudra certainement explorer cette voie. Plus généralement il y a de nombreuses idées qui émergent depuis que je consacre davantage de temps à l’écriture. On a déjà tous connu ces nuits où il est difficile de s’endormir tant notre esprit bouillonne d’idées nouvelles qu’il faut saisir et coucher sur le papier avant qu’elles ne s’envolent. Ce sera d’ailleurs le sujet du prochain JDE : « JDE #4 – Faire exploser la créativité ».

Je pense qu’il n’y a rien de plus beau lorsque quelqu’un parvient réellement à trouver le domaine qui l’épanouie. Cela peut être l’écriture, la musique, le sport ou tout autre chose. L’important c’est de trouver ce qui vous fait vibrer. Ce concentrer sur vos forces plutôt que sur vos faiblesses. Ainsi vous pourrez tenter d’atteindre l’excellence, tandis qu’accentuer vos efforts dans les domaines où vous êtes simplement médiocre vous amènera simplement à devenir moyen. Il faut rentabiliser vos efforts, être efficient.

Cette injection à la rentabilité me ramène à mes souvenirs de classe préparatoire où, pas assez bon sans doute, je devais passer outre des thèmes que je n’avais pas le temps d’explorer. Un théorème que j’aurais voulu creuser davantage, des propriétés que j’aurais voulu prendre le temps de redécouvrir. Un code informatique que j’aurais voulu écrire. Le plaisir des sciences pour les sciences. Ce n’était pas du tout efficace car cela m’amenait à prendre du retard sur les leçons qui s’accumulaient. Parmi les personnes de mon rang, c’est à dire celles qui n’avaient pas plus de facilité que cela avec les mathématiques, seules celles qui savaient faire la part des choses et se concentrer l’essentiel en sortaient gagnantes. Car finalement ce qui comptait c’était bien les points que l’on accumulait lors du concours.

Lorsque je me suis pleinement lancé dans l’écriture (je n’avais jamais autant écrit avant de commencer ce blog), j’étais quelque peu réticent aux débuts, en ayant peur que l’euphorie du moment, amenée par le fait de s’essayer à une chose de nouveau, s’estompe rapidement, que le plaisir s’efface en laissant place à l’ennuie. A ma grande surprise, c’est l’inverse qui se produit : pleins d’idées nouvelles naissent chaque minutes. Je n’ai même pas fini mon premier roman que d’autres pistes sont à explorer. Et voilà que déjà, je m’éparpille.

Plus généralement, n’ayez pas peur de vous lancer dans vos projets, personne n’est à même de prédire les évolutions de nos sociétés tant les bouleversements technologiques seront grands. Alors lancez-vous. Les avancées de l’intelligence artificielle bouleverseront considérablement le monde du travail. Des métiers disparaîtront, d’autres se créeront sans doute. C’est donc à vous de devenir l’artisan de votre devenir en faisant de vos passions, votre métier de demain. Pour les curieux, j’en parle dans cet essai : « La robotisation du marché du travail ». Cela n’en fait bien sûr pas gage de qualité mais sachez qu’il a remporté un premier prix au concours éthique organisé par le Rotary en 2018. Enfin, n’ayez pas peur de prendre des virages importants dans votre vie. Il vaut mieux maintenant que trop tard. Prenez le temps de faire vos études si la nécessité ne vous en prive pas. Ces conseils sont ceux que j’aurais aimé entendre.

Sur un autre plan, j’ai suivi une discussion sur Reddit où un centenaire français répondait aux questions : « IAmA 101-year-old Frenchman. Ama! ». On y remarque que les questions qui reviennent le plus souvent sont à propos de ses choix de vie et du contraste entre le futur qu’il s’était imaginé et la réalité du monde dans lequel il évolue aujourd’hui. Voici quelques réponses qu’il a donné :

  • What is your opinion on modern technology and how fast it’s progressing in such a short period of time? : I find modern technology is wonderful, just the fact to be able to do what we’re doing right now is extraordinary to me (échanger sur Reddit). Thinking that all of this is only depending on electricity, a technology we started using in the 20/30’s, is also incredible! I’m glad that Humanity is ambitious and still going forward. 
  • What’s your favorite memory? The one that always makes you smile : I’d say it was the time when we were living in Moulins in the 50s, a small town in the center of France. We had lots of lovely friends there, we were often invited for dinner, the town was gorgeous, we’ve had our second child there, etc. We owned a nice little hardware store there: house appliances on the right and hardware on the left! It was probably the best period of time of our lives.
  • How do current times compare and contrast to the future you envisioned in your youth?I wasn’t thinking we were going to evolve that much! I didn’t believe we would get flying cars or teleportation or spaceships, and I also didn’t believe we would get that far. So it’s a pleasing evolution, overall!
  • When you were a kid, looking into the future. What did you dream your life would be like? I really can’t think of anything to answer that, I’ve lived my life the way I dreamed it. If I had to live it again, I’d exactly do the same!
  • What’s the biggest difference between these times and when you were growing up? All the technology and comfort. At the time we didn’t have any heating systems, fridges, cars, tv, etc… I remember seeing my first car when I was 12 years old, it was the town doctor’s car!
  • How did you meet your wife? In the cradle! Joke aside, my mother was a maid and she used to take care of her as a baby. So we basically met when I was 1 year old, and she was a few months old. Growing up we lost sight of each other, but one day in the subway in Paris (at George V station), that one girl came to me and asked: « Aren’t you Jean? » So we started dating, going to the swimming pool together, and a thing leading to another we got married a few years later.
  • Do you think this current generation’s children are spoiled by technology? No, not at all. You just have to not abuse it and stay reasonable.

Il y a eu aussi ces quelques extraits des titres que je réécouté et qui parlent au créateur :

« La plupart des conseils d’adultes sont des clichés d’merde
Parce qu’ils ont pas compris l’jeu mais ils suivent les règles
Alors écoute pas trop tes parents, fais semblant
Ils ont pas la science infuse, t’es leur premier enfant
[…]
T’as juste besoin d’une passion
Donc écoute bien les conseillers d’orientation et fais l’opposé d’c’qu’ils diront
En gros, tous les trucs où les gens disent : « Tu perds ton temps »
Faut qu’tu t’mettes à fond d’dans et qu’tu t’accroches longtemps
Si tu veux faire des films, t’as juste besoin d’un truc qui filme
Dire : « J’ai pas d’matos ou pas d’contact », c’est un truc de victime »

Notes pour trop tard – Orelsan

« Les vieux d’mon âge me font tous la morale
Avec une fiole dans l’anorak, j’les r’garde nager dans leur bocal
Quand j’parle de mon avenir, pour eux, j’raconte un tas d’histoires
J’exaucerai mes vœux, allez vous faire foutre, moi, j’y crois »

Les vieux de mon âge – HugoTSR

« Je pouvais devenir un artiste, alors je l’ai fait »

Yeux disent – Lomepal

Pour finir il y a eu ce film : « Libre et assoupi » qui se fond particulièrement bien dans le thème général. Des pistes auraient gagnée à être explorée selon moi, comme celle de l’écriture rapidement évoquée. Sans vouloir spoiler le film, j’ai été quelque peu déçu par la fin mais j’en garde néanmoins une bonne appréciation générale. Je pense qu’il amène une réflexion qui peux s’ajouter à celles que vous avez déjà.

La conclusion de cette semaine serait-elle donc de suivre ses rêves, de saisir cette peur de se lancer dans l’inconnu, ce frein a la nouveauté et de se lancer ? Pour conclure sur ce point, cette semaine a été pleine de sources d’inspirations. Il faut donc maintenant réussir à entretenir cette énergie et à la canaliser pour ne pas se disperser. J’en parlerai probablement dans le prochain JDE.

Compte-rendu : trouver le sujet d’écriture

Dans le second JDE, « JDE #2 – J’ai décidé de devenir écrivain », j’explique qu’avant de se lancer dans un travail d’écriture de longue haleine, il est important de ce rappeler les raisons qui vous poussent à avancer dans cette direction. En effet, savoir écrire de belles phrases ne suffit pas à faire de vos écrits, une oeuvre de qualité qui sera reconnue et appréciée. Encore faut-il savoir élaborer un récit, un fil conducteur cohérent qui saura garder l’attention du lecteur. Ce sera le thème du cinquième JDE : « JDE #5 – Tisser son fil d’Ariane ».

Maintenant que j’ai regroupé les miennes, ces pensées inspirantes qui me donnent la force d’avancer, en les annotant à un endroit que je saurais retrouver, en me mettant a suivre les personnes qui m’inspirent dans cette voie à travers les différents réseaux sociaux, je suis dans un cercle de saine stimulation. Ce travail accompli, vous voila fin prêt a vous concentrer sur l’oeuvre en elle-même.

Alors, sur quoi écrire ?

Dans un premier temps je pense que l’envie d’écrire vient également avec son sujet. Sujet que l’on précise et que l’on travaille par la suite. Il y a un engagement de la part du créateur. Une sorte d’engagement qui le lie à son lecteur (j’aborde ce détail dans le billet « Ode à l’écriture »). Il y a bien sûr pléthore d’exemples d’artistes engagés. Le rappeur HugoTSR par exemple qui décrit les difficultés de son quartier. Les deux vidéos du Règlement sur Orelsan et HugoTSR disponibles sur Youtube détaillent de tels exemples d’engagement.

Je pourrais aussi parler des Misérables par exemple. Mais pour moi, il y également eu ce poste sur le Reddit francophone :

« Dans mon ancienne boite, le DRH a fait signer plus de 24 CDD de 1 mois à une secrétaire. La fille savait jamais vraiment si elle allait être renouvelée. C’était une mère célibataire avec deux filles, qui se démenait pour nourrir ses enfants. Elle était toujours très serviable, efficace et sympa. 

Un jour avec d’autres collègues, on a réussi à lui faire comprendre que ce que faisait le DRH était illégal et qu’il était obligé de proposer un CDI. Elle a donc fait les choses dans les règles : elle a envoyé une lettre en recommandé en expliquant qu’elle souhaitait signer un CDI puisque la boîte était visiblement contente de son travail etc. Elle expliquait aussi, en s’appuyant sur le code du travail, qu’au bout de 2 CDD, l’employeur se doit de proposer un CDI.

Elle n’a jamais eu de réponse. Son CDD d’un mois arrivant à terme, elle a été convoquée chez le DRH pour s’entendre dire : « Demain ce n’est pas la peine de vous présenter au travail, merci, au revoir ». Elle s’est mise à pleurer et à lui dire que c’était injuste. 

Le DRH est resté impassible et n’a pas dit un mot de plus. Il est resté de marbre face à cette situation ».

Je pense que l’on est tous consterné devant ces cas d’injustices. De nombreuses œuvres les reprennent. « Les trois mousquetaires » par exemple ponctué d’injustices et de trahisons. L’art dénonce, il s’engage.

« Ce matin, à la cellule Appui Artistes Insertion
Ils m’avaient convoqués à neuf heures du matin
Y’avait trois personnes pour me juger
Des artistes entre guillemets du treizième
Alors quand c’était mon tour
Fallait qu’on dise c’qu’on a fait
Et moi j’ai dit « J’ai fait Stupeflip »
Et là y’avait des gars qui connaissaient
« Quoi !? King Ju au RMI ? Mais c’est pas croyable !! »
Z’étaient là pour juger
Si on avait droit au RMI
Alors j’ai ouvert ma gueule
J’ai dit qu’les artistes c’était important
Parce qu’ils s’creusaient la tête pour faire réfléchir les gens
Qui travaillent honnêtement »

Visions – Stupeflip

A chacun de trouver un combat personnel pour lequel il veut lutter, défendre ses idées en les partageant et en dénonçant publiquement des faits. Pour cela :

  • Adopter une écriture personnelle, intime en vous concentrant sur ce qui vous tient a cœur,
  • S’inspirer de situations ou fait divers. Ce qu’à fait par exemple Pierre Lemaître dans son roman : « Trois jours et une vie ».
  • Écrire comme si on écrivait pour soi ou pour des proches. Le récit n’en deviendra que plus authentique. Stephen King révèle entre autre dans « Écriture, mémoires d’un métier » qu’il écrit avant tout pour sa femme.
  • Comme évoqué dans le billet « Une lettre à la mer », il y a l’envie de procurer du plaisir a son lecteur. On écrit pour soi, mais aussi, à la différence d’un journal intime, pour être lu.

Les thèmes qui me portent concernent plusieurs faits de sociétés. L’existence de femmes battues mais aussi de femmes indépendantes. Les relations amoureuses et le mal-être des nouvelles générations. Ces études qui ne leur conviennent pas. Un monde du travail qui les effraie. Des sensibilités qui rentrent en résonance avec mon propre vécu et ma personnalité. Il y a, je pense, un équilibre à établir entre des inspirations issues de son ego-monde, son monde propre, ses expériences, et des expériences extérieures que l’on n’a jamais vécu mais qui inspirent.

N’oubliez pas que ce qui vous fait unique est votre expérience et la manière dont vous raconter les choses. Votre ton, votre style d’écriture. Chacun à une voix qui lui est propre. Vous pouvez parler de vous mais je ne crois pas que ce soit très intéressant. Faire passer des leçons au travers d’histoires sera beaucoup mieux retenue. Il y a sans doute une quête d’identification à satisfaire.

Cet art de mettre en forme le récit s’appelle le Storytelling. Il y a des phrases que l’on retient davantage comme « Dieu ne joue pas aux dés ». Il y a la règle de trois qui veut que trois mots bien accordés se mémorise plus facilement : « Liberté, égalité, fraternité », « Veni, vidi, vici ». Certaines codifications à respecter en somme. Ce sera un des prochains points à travailler.

Mon avis est qu’il faut laisser parler le cœur. Étant premier lecteur, s’il y a bien une personne à qui cela doit plaire avant tout, c’est vous.

Ressources

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