Les business et formations en ligne, une arnaque ?


Articles / samedi, juillet 28th, 2018

Cet article s’organise selon les axes suivants :

1. Une apparente bienveillance derrière laquelle se cache un certain « mais »
2. Toutes les formations ne se valent pas
3. Conclusion
4. Ressources

1. Une apparente bienveillance derrière laquelle se cache un certain « mais »

Depuis un certain temps, et sans doute le fait que j’y prête davantage attention influence ma perception, on voit fleurir de plus en plus de contenu sur internet proposant des formations en lignes. Olivier Roland est l’un des blogueurs les plus connus en France et dont la philosophie peut être résumée dans le livre : « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études » dans lequel il donne ses outils pour s’épanouir. Plus de 250 000 personnes ont déjà été séduites, avec un résumé auquel on ne peut qu’adhérer :

« Vous en avez assez du métro-boulot-dodo, ou de ces études interminables dans lesquelles vous apprenez surtout des choses qui ne vous serviront pas ? Brisez la routine et réussissez en dehors du système en suivant cette méthode étape par étape basée sur l’expérience de centaines d’entrepreneurs et appuyée par plus de 400 références scientifiques. »

Que les choses soient claires : je suis régulièrement le travail de ces youtubeurs-formateurs. J’ai moi-même, à mes débuts, suivi avec beaucoup d’intérêts les propos que ces personnes pouvaient dispenser gratuitement à travers les réseaux sociaux par le biais de vidéos mises en ligne ou autres moyens de communications. J’ai lu le livre d’Olivier Roland. Cela a été, si ce n’est une révélation, une confirmation de la vie que je ne voulais pas avoir. Personne n’aspire à une vie monotone, faites de concessions insupportables. Leurs propos m’ont parfois donné la force de me lancer dans les différents projets que j’ai pu réaliser jusqu’alors, et ceux, futurs, que je prévois d’accomplir. Et c’est en cela que leur écoute m’a été bénéfique. Notre entourage, qu’il soit physique ou immatériel (comme le fait de se sentir accompagner par des « formateurs » en ligne ou des personnes qui partagent leurs sources d’inspirations via les réseaux), aident à nous insuffler la confiance qu’il nous manque afin de nous lancer, nous aussi, dans l’aventure. Pour ceux qui n’ont pas, dans leur environnement proche, de tels exemples de « réussite » (on peut en nuancer le terme tant la réussite est subjective), un tel accompagnement ne peut qu’être bénéfique.

Et c’est pour cela que je ne peux qu’encourager l’essor de vidéos qui, par la mise en exergue d’exemple d’êtres épanouis, ou de discours motivants, intellectuellement enrichissant et porteurs de sens, nous aident à envisager d’autres possibles.

Dans ces formats, on y apprend qu’il ne faut avoir peur de l’échec. Que, quoique l’on fasse, on ne pourra plaire à tout un chacun. Le pamphlet est facile. Le compliment moins aisé. On apprend à respecter le travail (parfois assez mauvais) de celui qui se lance : il apprendra de ses échecs pour en devenir que meilleur. Du moins, on l’espère. L’œil de simple spectateur se mue pour gagner en bienveillance, celle que l’on ressent à l’égard de celui que l’on n’ose pas encore appeler consœur. Il a, lui, le mérite d’essayer. On y entend de nouveaux mots comme « lean-innovation », « mindset » ou encore « rebel intelligent ».
On nous y livre des conseils pour changer nos modes de vies, tendant toujours vers une alimentation plus saine, un meilleur équilibre entre sa vie professionnelle et personnelle. Ces sources sont nombreuses, et je me permets de vous livrer quelques-unes des nombreuses chaines de formation en ligne, en guise d’exemple, permettant d’appuyer notre réflexion :

Des vérités parfois banales certes, mais qu’il est bon d’entendre quelque fois.

Ainsi, je ne peux que remercier ces personnes pour avoir su mettre les mots, mais comme d’autres avant eux, sur ce que certains pouvaient ressentir. Je ne suis pas ingrat quant à ce qu’ils ont pu m’apporter. Néanmoins, derrière ces concepts peut se cacher, parfois et pour certains, une certaine malhonnêteté.

2. Toutes les formations en se valent pas

On l’a vu dans la partie précédente, les chaines de formations pullulent. Un distinguo peut-il s’opérer ? Toutes ces formations ne sont pas bonnes mais toutes les formations payantes ne sont pas mauvaises. On l’oublie assez vite mais les études ont, très souvent, un coup astronomique, que ce soit aux États-Unis ou au Royaume-Uni notamment.

Le concept, en soit, de formations en ligne est loin d’être regrettable. Au contraire, internet offre des possibilités que nous n’avons jamais connues jusque-là. Il est désormais possible de suivre, de chez soi, les formations du MIT, de suivre les conférences dispensées par les plus grands intellectuels aux quatre coins du monde (TED de Cédric Villani, mathématicien médaillé Fields en 2010, « What is so sexy about maths? »). Et il est vrai que l’école tarde à s’adapter aux évolutions d’un monde technologique, devenant globalement de plus en plus cher et inégalitaire. (voir la vidéo de PrinceEA à ce sujet : « Je viens juste de poursuivre le système scolaire en justice »).

Plus généralement, il existe de nombreuses entreprises de formation (comme les MOOC) qui permettent, moyennant finance, de véritablement obtenir des compétences, reconnues et valorisées en contournant le système traditionnel.

Passionné par l’écriture, ces interrogations, que je me pose avec vous, ne peuvent me laisser indifférents. Vivre de sa passion présuppose de disposer d’une certaine aisance financière, permettant le financement de cette activité. Mais cela demande également du temps à investir dans cette activité. Écrire des livres, des « modes-d’emplois », n’est-ce pas là non plus une formation que l’on vend ? La mienne serait-elle mieux que les autres ? Cette question épineuse reste pour moi, encore délicate. Où la frontière se trouve-t-elle entre ce que je pourrais faire et ce que je dénonce ? Il y a, par exemple, ce petit guide pour courir son premier marathon, que j’aimerais écrire, ou ce roman que j’aimerais terminer.

Le problème est que, comme pour tout, il existe des miroirs aux alouettes.

De nombreuses personnes ont réagit face à l’émergence de ces business en ligne :

Mais c’est la réaction de la chaine « Un créatif » que je retiens avec le plus d’attention. Loin de dénigrer bêtement les personnes à l’origine des ces chaines de formations, le propos est on ne peut plus intelligent :

Étant lui-même dans le milieu du marketing, il nous révèle les outils qu’utilise ces « youtubeurs-formateurs ». Le fait d’agréger une communauté en lui donnant un nom (courant d’ailleurs et ce n’est pas forcément un mal), de créer un entonnoir de conversion enfermant l’audience pour en faire des prospects ou utiliser un système de vente pyramidale, par exemple, assez proche de l’escroquerie.

Souvent ces offres ajoutent de l’émotionnel à du pragmatisme : de nombreuses personnes n’apprécient pas leur travail. On leur offre donc la formation pour s’en sortir. Et c’est cet aspect, jouant sur l’émotionnel que je ne peux approuver, le fait de vendre du rêve à base de « liberté », « ambition » et « optimisme » (termes que j’emprunte à Un Créatif) pour ce qui n’en est pas.

Et je reprends la conclusion de ce dernier. Ces formations, même de grandes qualités, ne sont peut-être pas indispensables. Elles ne sont que la proposition de personnes ayant regroupés et amassés des connaissances que vous pouvez tout aussi bien acquérir par vous-même. Certes, peut-être obtiendrez-vous un gain de temps mais la richesse des connaissances que vous accumulerez sera moindre. (Voir les vidéos de véritables passionnées : Créer de toute pièce une réplique d’un avion de chasse ou un paquebot dans son jardin)

Ces formations peuvent-être utiles pour les personnes n’ayant pas le temps ou la motivation pour apprendre par eux-mêmes. Et pourquoi pas ? Tout le monde n’est pas doué d’autodidactie ou ne souhaite en prendre le temps. Et s’il y a une offre, ne pas oublier qu’il y a, avant tout, une demande.

3. Conclusion

Sur internet, la meilleure des formations, c’est peut-être encore celle où vous ne dépensez rien mais cela ne reste que mon avis. Ce billet a juste pour but de poser une base de réflexion qui vaut ce qu’elle vaut.

Il n’y a pas d’un côté les entrepreneurs-formateurs et de l’autre les créateurs de « véritables » contenus. Il n’y a pas non plus d’un côté l’entreprenariat versus le salariat. Les deux conceptions ont des avantages que l’autre n’a pas.
Comme pour tout, il est possible de tirer des aspects négatifs et positifs. Il est bon de varier ses sources d’informations afin d’avoir un meilleur recul et pouvoir y mener cette distinction.

Le constat de départ est simple : on aspire tous à être indépendants et heureux. La voie pour y arriver est longue et difficile et prétendre tout résoudre à l’aide d’une simple formation relève simplement de la malhonnêteté. Souvent intervient également un travail de fond, un travail sur soi. Et c’est peut-être la plus grande des composantes à considérer. Un travail que ne peut faire pour vous la formation. Le rôle de la formation n’est peut-être pas essentiel. Peut-être peut-on lui accorder le rôle d’élément déclencheur mais il n’en est certainement pas l’acteur.

Internet offre la possibilité de puiser parmi de très nombreuses sources d’inspirations. De nombreux youtubeurs ou blogueurs partagent leurs passions, aident à développer notre propre créativité, à repousser nos frontières en nous offrant un contenu de qualité qui nous ouvre l’esprit.

Ce billet est un cri du cœur que j’exprime pour ces créateurs, qui contribuent à nous ouvrir l’esprit, sans tomber dans les vicissitudes que l’on pourrait trouver : Maître Eolas, E-penser, Science étonnante, Solange te Parle, Seb la Frite, Monsieur le Prof, Gouse Donnelly, Mathieu Sommet, Balade Mentale, Heu?reka, Le Fossoyeur de films… Internet est plein de ces gens-là. Ces femmes et ces hommes qui partagent librement leurs passions en essayant d’en vivre.

Si vous achetez une formation, vous faites peut-être le bon choix. Ce qui compte finalement est le bénéfice personnel que vous en tirez à la fin.

Il n’y a rien de plus beau que de soutenir un être qui vit pour sa passion. Car une personne épanouie devient véritablement intéressante et aide à son tour les autres à s’épanouir. Mais j’espère que vous aurez désormais les armes afin de distinguer le grain de l’ivraie. Et même si, en me relisant, le propos apparait un peu naïf, il est bon, quelques fois, d’y croire un peu.

Ressources :

Mis à jour le 17 août 2018

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