Les business et formations en ligne, une arnaque ?


Articles / samedi, juillet 28th, 2018

Depuis un certain temps, et sans doute n’y avez-vous pas échappé, on voit fleurir de plus en plus du contenu sur internet nous proposant des formations en lignes. Des formations miracles sensées nous faire échapper à la course des rats, nous faire fuir l’aliénation du travail et nous ouvrir les portes du monde, ô combien radieux, de l’indépendance financière et du développement personnel. Un pas qu’ont osé franchir les fameux « premiers de la classe » de Jean-Laurent Cassely et dont j’explique les origines ici.

1. Une apparente bienveillance derrière laquelle se cache un certain « mais »

En France Olivier Roland est certainement l’un des bloggeurs les plus connus. Sa philosophie peut être résumée dans le livre « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études », dans lequel il donne ses outils pour s’épanouir. Plus de 250 000 personnes ont déjà été séduites, avec un résumé auquel on ne peut qu’adhérer :

Vous en avez assez du métro-boulot-dodo, ou de ces études interminables dans lesquelles vous apprenez surtout des choses qui ne vous serviront pas ? Brisez la routine et réussissez en dehors du système en suivant cette méthode étape par étape basée sur l’expérience de centaines d’entrepreneurs et appuyée par plus de 400 références scientifiques. 

Dans ces formats dispensés par ces nouveaux « coach de vie », on y apprend qu’il ne faut avoir peur de l’échec. Que, quoique l’on fasse, on ne pourra plaire à tout un chacun. Le pamphlet est facile. Le compliment moins aisé. On apprend à respecter le travail (parfois assez mauvais) de celui qui se lance : il apprendra de ses échecs pour en devenir que meilleur. Du moins, on l’espère. L’œil de simple spectateur se mue pour gagner en bienveillance, celle que l’on ressent à l’égard de celui que l’on n’ose pas encore appeler consœur. Il a, lui, le mérite d’essayer. On y entend de nouveaux mots comme lean-innovation, mindset ou encore « rebel intelligent ». On nous y livre des conseils pour changer nos modes de vies, tendant toujours vers une alimentation plus saine, un meilleur équilibre entre sa vie professionnelle et personnelle. Une sorte d’injonction permanente à la perfection, au bien-être, comme si finalement, la réussite ne tenait que de la simple volonté personnelle. La fameuse « Happycratie » d’Eva Illouz mise en avant devient hymne de la société post-moderne.

J’ai lu le livre d’Olivier Roland. Cela a été, si ce n’est une révélation, une confirmation de la vie que je ne voulais pas avoir. Personne n’aspire à une vie monotone, faites de concessions insupportables. Notre entourage, qu’il soit physique ou immatériel (comme le fait de se sentir accompagner par des « formateurs » en ligne ou des personnes partageant leurs sources d’inspirations via les réseaux), aident à nous insuffler la confiance qu’il nous manque afin de nous lancer, nous aussi, dans l’aventure. Pour ceux qui n’ont pas, dans leur environnement proche, de tels exemples de « réussite » (on peut en nuancer le terme tant la réussite est subjective), un tel accompagnement ne peut qu’être bénéfique. Néanmoins, derrière ces concepts peut se cacher, parfois et pour certains, une certaine malhonnêteté.

2. Toutes les formations ne se valent pas

On l’a vu dans la partie précédente, les chaines de formations pullulent. Un distinguo peut-il s’opérer ? . On l’oublie assez vite mais les études ont, très souvent, un coup astronomique, que ce soit aux États-Unis ou au Royaume-Uni notamment. Pourrait-on donc rechercher d’autres formes de connaissances, souvent sous une version payante ?

Le concept, en soi, de formations en ligne est loin d’être regrettable. Au contraire, internet offre des possibilités jamais connues jusque-là. Il est désormais possible de suivre, de chez soi, les formations du MIT, d’assister aux conférences dispensées par les plus grands intellectuels aux quatre coins du monde (à l’image du TED de Cédric Villani, mathématicien médaillé Fields en 2010, « What is so sexy about maths? »). Et il est vrai que l’école tarde à s’adapter aux évolutions d’un monde technologique, devenant globalement de plus en plus cher et inégalitaire.

Plus généralement, il existe de nombreuses entreprises de formation (comme les MOOC) qui permettent, moyennant finance, de véritablement obtenir des compétences, reconnues et valorisées en contournant le système traditionnel.

Le problème est que, comme pour tout, il existe des miroirs aux alouettes.

De nombreuses personnes ont réagit face à l’émergence de ces business en ligne :

Loin de dénigrer bêtement les personnes à l’origine des ces chaines de formations, le propos est on ne peut plus intelligent. Un créatif, lui-même dans le milieu du marketing, nous révèle les outils qu’utilise ces « youtubeurs-formateurs » comme le fait d’agréger une communauté en lui donnant un nom, de créer un entonnoir de conversion enfermant l’audience afin d’en faire des prospects ou utiliser un système de vente pyramidale, assez proche de l’escroquerie, par exemple.

Souvent ces offres ajoutent de l’émotionnel à du pragmatisme : de nombreuses personnes n’apprécient pas le quotidien dans lequel elles se sentent piégées. On leur offre donc la formation pour s’en sortir. Et c’est cet aspect, jouant sur l’émotionnel qu’on ne peut approuver, le fait de vendre du rêve à base de « liberté », « d’ambition » et « d’optimisme » pour ce qui n’en est pas.

Ces formations, même de grandes qualités, ne sont peut-être pas indispensables. Elles ne sont que la proposition de personnes ayant regroupés et amassés des connaissances que vous pouvez tout aussi bien acquérir par vous-même. Certes, peut-être obtiendrez-vous un gain de temps mais la richesse des connaissances que vous accumulerez sera moindre.

3. En définitive,

Sur internet, la meilleure des formations, c’est sans doute celle où vous ne dépensez rien. Comme pour tout, il est possible de tirer des aspects négatifs et positifs. Il est bon de varier ses sources d’informations afin d’avoir un meilleur recul et pouvoir y mener cette distinction. Le constat de départ est simple : tous aspirent à l’indépendance et au bonheur. La voie pour y arriver est longue et difficile et prétendre tout résoudre à l’aide d’une simple formation relève simplement de la malhonnêteté. Souvent intervient un important travail de fond, un travail sur soi. Et c’est peut-être la plus grande des composantes à considérer. C’est un effort que la formation ne peut faire pour vous. Le rôle de la formation n’est peut-être pas essentiel. Peut-être peut-on lui accorder le rôle d’élément déclencheur mais elle n’en est certainement pas le moteur. Cela serait lui donner trop d’importance.

Internet offre la possibilité de puiser parmi de très nombreuses sources d’inspirations. De nombreux youtubeurs ou blogueurs partagent leurs passions, aident à développer notre propre créativité, à repousser nos frontières en nous offrant un contenu de qualité qui nous ouvre l’esprit. Maître Eolas, E-penser, Science étonnante, Balade Mentale, Heu?reka, Le Fossoyeur de films… Internet est plein de ces gens-là. Ces femmes et ces hommes qui partagent librement leurs passions. Vous aussi, apprenez à discerner le grain de l’ivraie.

Ressources :

Mis à jour le 8 février 2019

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