Love 2.0 – Tal Ben-Shahar


Articles / jeudi, août 9th, 2018

Qui est Tal Ben-Shahar ?

Dr. Tal Ben-Shahar est un auteur et enseignant spécialisé dans le thème de la psychologie positive et du leadership, thèmes incluant des aspects portant sur l’éducation, l’éthique, l’estime de soi, mais encore la résilience ou la volonté. C’est sur ces mots que commence la page Wikipédia qui lui est consacrée. Mais c’est aussi un philosophe et psychologue reconnu outre-Atlantique non seulement pour les nombreux ouvrages qu’il a publié mais encore pour les cours qu’il a donné à l’université d’Harvard.

Parmi ses publications se distingue les best-sellers « Happier: Learn the Secrets to Daily Joy and Lasting Fulfillment » (2007) et « Being Happy: You Don’t Have to be Perfect to lead a richer, happier Life » (2010) traduits dans plus de 25 langues.

Il a notamment enseigné deux des cours les plus suivit dans l’histoire de l’université d’Harvard, intitulés « Positive Psychology » et « The Psychology of Leadership » avec plus de 1400 participants.

Extrait du Canard Enchaîné

Extrait de son discours du 20 juin 2018 à Paris :

Le discours a été reconstruit à partir des notes que j’ai prise. L’échange ayant été en anglais, j’ai pris soin de rester fidèle au possible au sens original plus que grammatical lors de la traduction :

Maslow s’est trompé. Pour moi, a qui l’on avait enseigné la théorie de Maslow, sa pyramide des besoins, sur les bancs de l’école, cette annonce sonna comme un choc. Maslow avait tort…
A la lumière de ce que j’ai pu apprendre, je peux désormais le dire : la pyramide de Maslow souffre de quelques incomplétudes. Eh bien que son modèle reste intéressant, je souhaiterais davantage vous parler de la théorie d’Alderfer, du principe « ERG », qui est, à mes yeux, beaucoup plus actuel.

La théorie d’Alderfer reprend le même principe que celle de Maslow. Une pyramide des besoins, et dont la satisfaction des besoins supérieurs, présuppose la réalisation des besoins inférieurs. Autrement dit, on ne peut satisfaire un besoin si l’on n’a pas réalisé tous ceux qui le précédait.

Le « E » constitue la base de la pyramide. Il concerne les besoins Existentiels. Le besoin d’avoir un travail, le besoin de sécurité. Ils constituent la base de ce que l’on cherche à obtenir en premier.

Le « R » est pour les Relations. Une fois que l’on a satisfait les besoins existentiels, l’esprit plus tranquille, on ressent le besoin d’être connecté, d’être aimé des gens qui nous entoure. Une sorte de désir de sociabilité.

Le « G », enfin, pour Growth, la croissance. Positionné au sommet de la pyramide, il s’agit de la réalisation de soi au travers de tâches qui nous épanouissent, qui donnent du sens à notre vie. C’est le dernier point, celui que l’on atteint et qui nous préoccupe en dernier.

Ces trois niveaux sont fortement connectés, dépendent des uns des autres et sont importants. Pourtant, un élément se distingue selon moi et revêt toute son importance : les Relations. Entrons davantage dans le détail des relations :

Il y a un livre que j’ai lu « L’amour 2.0 », et dont vous avez certainement entendu parler. Il évoque le phénomène de résonnance appliqué à la positivité. Des fréquences qui s’ajoutent, qui s’additionnent pour amplifier un phénomène.
La vie est faite d’expériences que l’on partage. Quand l’on croise les yeux d’une personne dans la rue, on peut, par exemple, échanger un sourire. Assister à une scène émouvante par exemple. Une petite fille recevant un ballon à une fête foraine. Faire l’amour, la plus évidente, avec la personne que l’on aime.

Ces expériences de l’amour (au sens de la tendresse du terme) apportent énormément de bénéfices. Elles nous aident à penser en dehors des cases, à élargir notre champ des possibles, de renforcer notre système immunitaire et notre créativité. Essayez de vous exercer chaque jour à éprouver du bonheur et de le partager avec les autres : votre famille, des amis, des clients, des inconnus… Soyez authentique, sincère. Quitte à vous forcer au début, vous en prendrez l’habitude, et cela deviendra naturel. Pratiquer cet exercice permet d’être davantage réceptif à ces bonheurs dont l’on dispose à portée de main sans les voir forcément. Peu à peu, notre esprit s’ouvre à cela et apprends à les percevoir.

Nous voilà donc venu à nous interroger sur « Comment amplifier ce phénomène de résonance ? », ce phénomène qui apporte tant de bienfaits, sur notre santé et qui nous aide à devenir meilleur. La réponse est à la fois simple et complexe : il faut y être ouvert. C’est la première étape. En voici deux que je propose :

Première étage : il faut y être ouvert, réceptif. Nous sommes entourés de ces moments de bonheurs. Il faut apprendre à les saisir.

Pour la seconde étape, j’aimerais faire intervenir le modèle « ABC » :

L’Activation : pour parler de l’activation, une image me vient à l’esprit. Celle des moines Tibétains et leur amour pour la médiation. Ils répètent pendant des heures des chants gutturaux. Répétant des phrasés encore et encore en fermant les yeux. De la même manière, l’on peut choisir de répéter plusieurs fois, en une sorte de méditation, la phrase suivante que l’on destine à une personne que l’on aime : « Je souhaite que cette personne soit heureuse, en bonne santé, en sécurité et confortable ». Avec l’expérience on peut essayer d’étendre le principe, non plus seulement vers les personnes que l’on aime, mais également aux autres. Il faut apprendre à activer une gentillesse que l’on destine à ceux qui nous entourent.

Il existe d’autres formes d’activations. Une étude a par exemple démontré que l’instauration de pauses déjeuner permet d’améliorer la créativité, l’efficacité et le bonheur des équipes de travail. Mais une autre surprise a également été mise en avant : écouter 20 minutes de votre musique préférée amène aux mêmes résultats.

Élargissez vos perspectives et prenez de nouvelles résolutions. Quand on se sent un peu déprimé on réduit nos perspectives. On se répète sans cesse : « Comment pourrais-je aller mieux ? » Vous vous concentrez sur cette phrase. Comment pourrais-je aller mieux ? Cela vous enferme dans des perspectives qui vous névrosent. Mais il y a une bonne nouvelle : l’effet inverse se produit lorsque vous prenez le contre-pied. Penser positivement, vous concentrer sur ce qui vous fait du bien amène à vous sentir bien, à rester dans cet état et à réduire votre porosité face aux éléments qui pourraient vous atteindre et miner votre moral.
Il existe bien sûr des cas de troubles maniaco-dépressif qui amène à un extrémisme des ressentis émotionnel. Tout va bien ou tout va mal. Il n’y a que peu de nuances. Beaucoup de génies littéraires souffrent ou ont souffert de tels troubles. La réciproque n’est pas toujours vérifiée.

L’objectif est de créer davantage de relation positive. Et le partage d’émotions positives renforce vos relations. Charles Darwin a écrit un livre très célèbre : « Le voyage du Beagle », posant les bases de sa théorie de l’évolution. Il y fait le récit d’un voyage de plusieurs années, remplis de difficultés, à travers un monde que l’on apprenait à découvrir. La clef du succès consiste à travailler en équipe. Sortez, prenez du plaisir, soyez un insatiable de relations sociales.

Le Comportement : comment améliorer et apprendre à entretenir ses relations ? Même si vous devez le jouer au début car cela ne vous est pas naturel, apprenez à écouter avec attention. Soyez généreux et gentil. Pas naïf : gentil. Le geste a des effets sur le devenir : en agissant gentiment, vous le deviendrez davantage. Partagez la gentillesse car la bienveillance est contagieuse. Les gens y sont réceptifs et vous porteront. Ils s’adaptent à l’exemple qu’ils ont devant eux. Ils sont davantage réceptifs quand l’ensemble de l’environnement qui les entoure est lui-même remplis de bienveillance. Enfin, ce que l’on fait chaque jour à davantage de poids que ce que l’on fait une fois par mois. C’est à force de petites habitudes répétées que l’on avance vers de grandes choses.

Dans les années 50, il y avait un brillant homme d’affaires très connu : Lester Levenson. A 42 ans il subit un second infarctus qui l’obligea à rester aliter sur son lit d’hôpital. Pour les médecins, seul 3 mois restaient devant lui. Il se mit alors à réfléchir à sa vie, comme tout homme le ferait en ce genre de circonstances. Il avait une grande curiosité et avait étudié de nombreux domaines. Un constat le frappa au cours de ses heures de réflexions personnelles : il se rendit compte qu’on ne lui avait jamais appris à être heureux.
Bouleversé par cette découverte, il se mit à rechercher en lui ce qui l’avait rendu heureux. Quelle était donc la clef du bonheur ? Il avait été heureux lorsqu’il avait connu son premier succès. Cela n’avait pas duré. Il se souvenait qu’il avait été heureux lorsqu’il était devenu riche. Puis il se souvenait qu’il s’était lassé une fois l’excitation du premier million passée. Non, le bonheur ne tenait pas vraiment à ces choses-là. Elles n’en étaient pas l’élément primordial.
Il se souvenait du bonheur qu’il avait éprouvé lorsqu’il s’était senti aimé. Cela n’avait pas duré, et pire encore, il éprouva des ressentiments amers quant à son ex-femme. Quand avait-il expérimenté un véritable et profond bonheur ? Une joie profonde, stable et durable ? Après plusieurs jours passés à résoudre se problème, il trouva finalement la solution : jamais il n’avait été aussi heureux que lorsqu’il avait aimé, quand bien même il n’était pas aimé en retour.

Il se mit alors à faire défiler dans sa mémoire chaque personne qu’il avait côtoyé au cours de son existence, à faire un bilan de ce qu’il avait vécu. Il réalisa qu’il éprouvait chaque fois des ressentiments vis-à-vis d’elles. Comment changer ce ressentiment en sentiment de compassion ? Enfermé dans cette perspective, il répétait cette phrase en boucle : « Comment changer se ressentiment en sentiment de compassion ? » à la manière des moines Tibétains.
Peu importe les problèmes qui vous préoccupent, la peur des prises de paroles en public, vos craintes quant au maintient de vos relations sociales, votre esprit a une forte influence. La fiction forge la réalité. La ritualisation de la répétition en est l’élément déclencheur.

En guise de conclusion, j’aimerais revenir sur une remarque que l’on me fait régulièrement. Elle concerne le fait de simuler, du moins au début, une écoute attentive, un soin que l’on peut porter envers une personne. On l’apparente souvent à une forme de manipulation. Tout dépend du contexte. Je veux dire par là que l’on est parfois capable de sentir lorsqu’un sentiment est véritablement sincère. Parfois, vous pensez à votre propre succès, parfois à celui des autres. Tout dépend de la personne que vous êtes et que vous voulez devenir. Un exemple que j’apprécie illustre bien cela : Il y a eu un jour où Toyota, leader du marché, proposa à tous ses concurrents de venir voir les plans de ses produits. Aucun ne réussit à en imiter la finesse. Pourquoi ? Parce que ce qui fait de Toyota, Toyota, réside en ses valeurs intrinsèques. Chacun a une histoire à raconter.

Ressources :

Mis à jour le 17 août 2018

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