Réaliser ses objectifs


Articles / mercredi, mai 2nd, 2018

Aujourd’hui est un grand jour. Vous avez enfin décidé de vous consacrer à la réalisation d’un projet qui vous tient à cœur. Pourtant, à peine la démarche initiée, vous voilà submergé par le doute. Est-ce vraiment utile ? Ne suis-je pas en train de perdre mon temps ? Ça ne marchera jamais !

Il est parfaitement normal de voir ce processus créatif submergé par la négativité. Nous sommes tous traversé par des instants de doutes, mélange de peur primitive, de crainte et d’incertitude. Néanmoins, ce qui fait la différence entre ceux qui parviennent à concrétiser leurs projets et les autres résulte en leur capacité à s’affranchir de ces frictions qui nous freinent. N’oubliez pas, les principales barrières que vous trouvez jetées devant vous ne sont en réalité que la matérialisation des limites qui vous vous imposez.

« Votre seul obstacle, c’est vous »

L’échec, une étape nécessaire

Un rappel un peu bateau mais que je juge néanmoins nécessaire : qu’importe les échecs, les moqueries ou autres leviers négatifs que vous ne manquerez pas de soulever par le biais de votre démarche, vous avez le mérite d’essayer. L’échec est une étape indispensable à la construction de soi. Il n’y a pas d’ascension qui ne requière nuls efforts. L’ensemble de nos actions est la résultante d’une mécanique soumise à des frictions. Vous y confronter, les dépasser ne pourra que vous grandir.

Un exemple pour comprendre : Alain Connes, mathématicien de renom, médaillé Fields, au sujet des mathématiques. Pour comprendre quelque chose, la pire des erreurs pour un mathématicien est de prendre un livre et d’en lire les solutions sans aucun travail préparatoire. La bonne solution consiste plutôt à buter sur un problème avant d’en lire la solution. D’en avoir mémorisé l’énoncer. D‘être allé s’aérer l’esprit, tout en continuant à essayer de dégager une solution. D’y revenir par la suite en ayant préalablement « digéré » l’énoncé en s’accordant du temps pour le résoudre.

Passé cette période, le mathématicien regarde de nouveau dans son ouvrage : la solution fait 10 pages. En feuilletant, il s’aperçoit que 90 % du contenu lui est inutile. En effet, la démonstration ne tient qu’en quelques idées clefs essentielles.

Les mathématiques ne se lisent pas dans un livre. Il y a quelque chose de terriblement actif dans le processus de maitrise de la discipline. On n’apprend pas de manière passive. En essayant de comprendre une démonstration de manière passive on va se faire tromper, suivant lignes à lignes la démonstration donnée sans rien comprendre. Tout juste pourra-t-on vérifier la logique de la démonstration à la manière d’un ordinateur. On pourra y repérer les fautes de logique mais rien de plus. La vraie manière de comprendre c’est de voir un énoncé, qui va former dans notre esprit une image mentale, d’y réfléchit pendant un certain temps, avant de revenir puis de regarder éventuellement la solution. Et là, il y aura des choses à comprendre. Tant qu’il n’y a pas des éléments de compréhension on ne pourra pas comprendre.

« Il faut sécher sur un problème » – Alain Connes

Parce que je ne comprends pas je perds mon temps ! est une complainte souvent entendue. C’est faux. C’est pendant que l’on essaye de comprendre et que l’on bloque que nous progressons. A l’image d’une perceuse tentant de faire un trou au mur : tant que l’on n’est pas au bout on n’a pas compris. On est en train d’avancer. Si l’on recul avant on ne comprendra jamais. Le trou ne sera jamais fonctionnel. Il faut s’armer de patience et de persévérance pour aller jusqu’au bout.

L’exemple prit ici au sujet des mathématiques est bien entendu fortement généralisable.

La définition de vos objectifs

Vous voilà l’esprit plein d’étoiles et de paillettes, fortement décidé à vous y mettre ! Mais encore est-il essentiel de bien définir le but que vous cherchez à atteindre. En effet, vous ne voudriez pas vous lancer dans une démarche créative avant de vous apercevoir, après plusieurs mois évidement, qu’elle ne vous convient pas. Passer sans cesse d’un projet à l’autre sans parvenir à en concrétiser aucun.

Rien de plus simple pour échapper à cet écueil. Pour ma part, j’utilise la méthode de définition suivante :

Je me munis d’un stylo et couche sur le papier une douzaine d’objectifs personnels et professionnels que j’aimerais concrétiser. Par exemple, la maitrise d’un instrument de musique, la réalisation d’un voyage particulier, l’écriture d’un ouvrage, ou encore la mise en place d’une nouvelle habitude. A côté de chacun de ces objectifs, je note les difficultés et les bénéfices attendus. Enfin, je hiérarchise ces objectifs par ordre croissant afin de pouvoir concentrer mes efforts en priorité sur ceux qui compte le plus pour moi.

Cette méthode n’est pas un outil miracle, et il m’est malheureusement arrivé de ne pas remplir tous les objectifs fixés tel que je l’aurais voulu. Mais l’avantage d’avoir écrit ses objectifs est multiple et me permet :

– Un suivi régulier des avancements et évolutions de mes objectifs sur le long terme
– Un gain de motivation puisque je suis tenu par la démarche
– Une meilleure définition des objectifs (vous l’attendiez n’est-ce pas ?)

Vous savez désormais où aller, maintenant voyons comment y aller :

La mise en place d’un parcours jalonné

La confrontation : ou comment se mettre face au problème

Je n’étais clairement pas en mesure de courir le marathon de Paris au moment où je m’étais inscrit. M’étant pris suffisamment tôt, cela me laissait plusieurs mois afin de mettre en place un plan d’entrainement, m’y tenir et laisser le corps s’adapter. Mais cela ne m’a pas empêché d’annoncer la nouvelle à mes proches, non sans une certaine boule au ventre, et ce malgré l’incertitude quant au succès. Les sommes engagées étaient non négligeables entre les frais d’inscription de transport et d’hébergement. Et puis de quoi aurais-je eu l’air en cas d’échec, la terre entière étant désormais mise au courant ? Pourquoi un tel épanchement ? Tout simplement pour ajouter un levier de motivation supplémentaire à la démarche. Dans la mesure du possible et la limite du raisonnable, si vous hésitez, engagez-vous. Ne pouvant plus reculer, vous n’aurez d’autre choix que d’avancer.

« Une fois dans le vide, il n’y a d’autres choix que de se laisser tomber »

La méthode du Pomodoro :

Cette méthode de management du temps inventée par Francesco Cirillo dans les années 1980 m’a permis d’accumuler de nombreuses heures de révision lors de ma classe préparatoire, avec notamment quelques petits ajustements quant à sa mise en place. Il s’agit de découper son temps de travail par des sessions de travail intense de 45 minutes pendant lesquels l’on coupe toutes les sources de distractions comme un téléphone qui sonne ou les notifications, entrecoupées de pauses de 15 minutes. En effet, lorsque nous sommes perturbés, notre esprit prends jusqu’à plusieurs minutes afin de se concentrer de nouveau sur la tâche. J’ai ainsi gagné en efficacité et pu rallonger considérablement mes cycles de travail avant que mon esprit n’arrive à saturation. A vous d’essayer en adaptant la méthode à vos propres besoins.

La mise en place d’une routine :

Imaginons la situation suivante. Vous êtes étudiant. C’est le premier jour des vacances, vous êtes plein d’énergie, prêt à accomplir toutes les tâches que vous vous êtes fixées pour rattraper le retard accumulé au cours du semestre ou bien mettre en œuvre tous ces projets qui vous tiennent à cœur. Justement, vous êtes fatigués après ces longues semaines de cours et aimerez profiter un peu de vos vacances. Qu’importe l’ampleur du travail à accomplir, on est samedi, vous pouvez bien prendre la matinée pour vous reposer. Cela semble bien légitime. Dormant plus que de raison, vous vous levez à 11 heures. Le repas est décalé par ce petit-déjeuner tardif. Le temps passe vite, il est déjà 15 heures. Vous ne voyez pas l’intérêt de commencer le travail à cette heure-ci. Après tout, ça peut attendre demain. Une journée de perdue sur votre planning.

Dimanche, vous avez mis votre réveil mais la journée de la veille à décalée votre rythme de sommeil. Vous voilà fatigué. C’est dimanche, après tout, quelle idée de mettre son réveil, vous pouvez bien vous rendormir. On n’est pas à l’heure prés. Lorsque vous ouvrez de nouveau les yeux, il est midi passé. Encore une matinée de perdue. Vous vous dites que vous rattraperez ce retard dans l’après-midi mais des amis que vous n’avez pas vu depuis longtemps proposent de vous revoir autour d’une place de ciné. Vous acceptez. Deuxième journée en moins sur votre planning.

Finalement les jours se succèdent et vous n’avez toujours rien accomplie de ce que vous avez prévu. C’est la fin des vacances, la veille de la rentrée, vous regrettez le gâchis en vous promettant de ne plus vous laissez avoir la prochaine fois tout en sachant pertinemment qu’il n’en sera rien. Vous reprendrez vos mauvaises habitudes comme à l’accoutumé.

Plus vous laissez filer du lest, plus il est difficile de se remettre à l’ouvrage. La remise en route après un arrêt complet demande beaucoup plus d’efforts puisqu’il faut :

– Vous remotiver
– Vous replonger dans le projet
– Retrouver l’énergie initiale
– Insuffler de nouveau de l’énergie pour accomplir la tâche

Tâchez donc de corriger le tir dès que vous sentez que la direction vers laquelle vous vous dirigez ne vous convient pas. Voilà en quoi la mise en place d’une routine peut vous aider. Il faut environ une vingtaine de jours avant qu’une activité soit intégrée pour devenir réflexe, un acte quotidien auquel vous vous soumettez sans nécessairement y réfléchir. A l’image du brossage de dents que vous effectuez de manière automatique plusieurs fois par jours sans le planifier.

Mettons par exemple que vous avez décidez de lire 10 pages par jour. Les premiers soirs vous devrez faire l’effort de vous rappeler d’exercer cette activité. Peut-être que certains soirs vous l’oublierez carrément. Qu’importe, vous corrigez l’erreur en vous promettant de ne plus laisser échapper cette promesse faite à vous-même. Vingt jours plus tard, vous constaterez, ô miracle, que chaque soir, vous saisissez machinalement le livre sur votre table de chevet et reprenez la lecture là où vous l’avez arrêté.

« Ce sont ces petits effets, qui cumulés, vous apporterons de véritable changements »

L’aménagement d’un espace dédié à votre objectif :

Il est parfois difficile de trouver la motivation pour travailler lorsque l’environnement dans lequel on évolue ne s’y prête pas. Peut-être qu’au court de vos révisions en période d’examen préfériez-vous le lieu de la bibliothèque universitaire vous permettant d’évoluer dans un cadre dédié, loin des distractions que vous aviez à la maison. Ou au contraire, vous étiez beaucoup plus efficace chez-vous, coupé de vos camarades avec qui vous ne pouviez vous empêcher de discuter, tout faire sauf réviser ? Un cas tout comme l’autre offre de multiples avantages. A vous de choisir la méthode qui vous convient le mieux.

Par exemple, l’écrivain Benoît Moncorgé se livre dans cette interview réalisée par France Culture et nous détail la nécessité de se conditionner afin d’exercer son activité d’écriture. Il a investi ses économies dans une chambre de bonne qu’il a réaménagé et décoré afin d’en faire un atelier d’écriture. Lui offrant un sentiment de protection, ce lieu à la fois ouvert et fermé sur le monde est devenu un refuge où il s’abrite pour écrire.

Sans aller jusque-là, l’idée peut être reprise et déclinée en de nombreuses variantes.

Pour résumer

Nous sommes tous bloqués à un moment ou un autre dans le processus de réalisation dans lequel on s’engage. Dans un cycle sans fin, il faut lutter contre la résistance que ces éléments destructeurs nous opposent. Une lutte s’engage entre la force dont on souhaite imprégner nos créations et cette résistance dont les symptômes se concrétisent à travers la peur et le doute.

« On peut vaincre la résistance car si on ne pouvait pas, il n’y aurait pas de Requiem de Mozart, pas de tour Eiffel, pas de Roméo et Juliette » – SolangeTeParle

Les critiques ne sont que les portes paroles de la résistance. Des freins qui nous empêchent d’avancer. L’échec est une étape essentielle, un mal nécessaire mais heureusement, plusieurs outils s’offrent à nous pour parvenir à dépasser nos craintes, vaincre l’échec et venir à bout de nos projets. Cela passe par une bonne définition de nos objectifs. Étape pénible mais néanmoins nécessaire afin de définir le cap que devra suivre nos efforts. Une fois cette étape franchit, le chemin est encore long, semé d’obstacles qui ne manqueront pas de nous faire trébucher. Mais de cette lutte ressortira un vainqueur : vous-même. Pour vous aider, confrontez-vous au problème, essayez-vous à la méthode du Pomodoro, mettez en place une routine et aménagez-vous un espace de travail.

Ou mettez en place la méthode de Solange, le triptyque : début du mois, vérificateur, punition dans lequel il s’agit de mettre en place une nouvelle résolution au début d’un cycle (années, mois, semaine), inviter un ami à vérifier du bon avancement de notre démarche (compétition amicale s’il le faut), et enfin s’infliger une punition en cas de non tenue de nos objectifs journaliers.

« Le travail créatif est un cadeau fait au monde. Ne le privez pas de votre contribution. Offrez-là » – Steven Pressfield, The War of Art

Ressources

Mis à jour le 7 août 2018

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *