Vous devez trouver ce que vous aimez – Steve Jobs


Articles / dimanche, juin 24th, 2018

Extrait de l’allocution de Steve Jobs à l’université de Stanford en 2005 au cours de laquelle il partage sa philosophie de vie.

Ma troisième histoire est au sujet de la mort.

Quand j’ai eu 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu de chose près : « Si tu vis chaque jour comme si c’était le dernier, un jour te donnera raison ». Cela m’a transformé, et depuis, au cours de ces trente-trois dernières années, je n’ai cessé de me regarder tous les matins dans le miroir en me posant inlassablement la même question : « Si aujourd’hui est le dernier jour de ma vie, est-ce que je voudrais faire ce que je m’apprête à faire aujourd’hui ? ». Et chaque fois que la réponse demeurait négative plusieurs jours durant, je savais que je me devais de changer quelque chose.

Garder à l’esprit qu’un jour je ne serais plus de ce monde est probablement la réalité essentielle qui m’a aidé à faire les bons choix dans ma vie. Car à peu près tout, nos désirs, nos fiertés, nos peurs de l’échec ou du ridicule, s’effacent à l’aube de notre mort, ne laissant que le plus important, l’essentiel. Garder à l’esprit que nous nous éteindrons tous un jour est la meilleure des choses pour éviter de tomber dans ce piège qui consiste à penser que vous avez quelque chose à perdre. Vous êtes déjà perdant car la vie vous a fait éphémère. Il n’y a plus de raison de ne plus suivre ce que clame votre cœur.

Lever de soleil aux côtés du Mont Mounier

Il y a environ un an deçà, j’ai été diagnostiqué d’un cancer. Un examen à 7h30 du matin a mis en évidence la présence d’une tumeur au pancréas. Je n’avais aucune idée de ce qu’était le pancréas. Le docteur m’a dit qu’il s’agissait d’un cancer incurable, qu’il ne m’était donné plus que trois à six mois à vivre. Il m’a conseillé de rentrer à la maison, et, pour ne pas dire de manière trop directe de me préparer à mourir, m’a simplement appelé à mettre de l’ordre dans mes affaires. Cela implique d’essayer de partager avec vos enfants en quelques mois tous ce que vous auriez aimé échanger avec eux au cours des dix prochaines années. Cela signifie de faire en sorte que tout soit prêt afin de rendre les démarches plus simples pour votre famille. Cela signifie faire ses adieux.

J’ai passé la journée avec ce diagnostic à l’esprit. Plus tard dans la soirée, j’ai passé une biopsie, examen où, à l’aide d’un endoscope descendu au travers de ma gorge, passant par l’estomac et les intestins, les médecins ont collectés quelques cellules du pancréas à l’aide d’une aiguille. J’étais anesthésié mais ma femme, présente, m’a dit que le médecin a commencé à pleurer lorsqu’il a vu les cellules cancéreuses au microscope. Il s’agissait d’une forme rare de cancer du pancréas curable par la chirurgie. Il y a eu l’intervention médicale et aujourd’hui je vais mieux.

Cette expérience à été la première à me placer véritablement face à la mort et j’espère que la prochaine me laissera encore quelques décennies de répits supplémentaires. Ayant traversé cet événement, je peux désormais dire avec davantage de certitude que la mort est un concept efficace et purement théorique :

Personne ne souhaite mourir. Même celle qui souhaitent aller au paradis ne veulent mourir pour y aller. La mort est une destination que nous avons tous en commun. Personne n’a encore réussi à y réchapper. Et c’est exactement comme cela doit être car la mort est la meilleure invention de la vie. La mort est moteur de changement sur la vie. Elle efface les vieilles générations pour laisser place aux nouvelles. Actuellement, vous êtes la nouvelle génération, mais un jour, pas si éloigné de cela, vous deviendrez graduellement l’ancienne génération et vous laisserez la place aux nouveaux. Je m’excuse d’être dramatique, mais cela est une pure vérité.

Votre temps est limité alors ne le gâchez pas à vivre la vie de quelqu’un d’autre. Ne soyez pas prisonnier d’un dogme qui amènerait à vivre avec des conclusions établies par d’autres. Ne laissez pas le bruit des opinions des autres flétrir votre voix intérieure. Et le plus important, ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. Ils savent déjà, d’une certaine manière, ce que vous souhaitez réellement devenir. Tout le reste est secondaire.

Quand j’étais jeune, il y avait une revue passionnante appelée The Whole Earth Catalog, qui était l’une des bibles de ma génération. Elle fut créée par un contemporain nommé Stewart Brand […] dans laquelle il insuffla une touche de poésie. C’était dans les années soixante, avant l’avènement de l’ordinateur personnel et des outils d’aide au traitement de texte. Il amenait donc à la vie ses réalisations à l’aide de machines à écrire, ciseaux et appareils photos polaroids. C’était une sorte de Google au format papier, trente-cinq ans avant sa mise au monde. C’était idéaliste et remplis d’outils fantastiques et idées magnifiques.

Stewart et son équipe ont publié plusieurs séries de The Whole Earth Catalog et, lorsque le projet s’essouffla, ils en publièrent une dernière. C’était au milieu des années soixante-dix, lorsque j’avais votre âge. Sur la dernière page de couverture de la toute dernière revue à être publiée, il y avait la photographie d’un lever de soleil sur une route de l’arrière-pays, le genre de vues que vous pouvez contempler par vous-même en vous perdant par auto-stop et munit d’une once d’esprit aventureux. Au-dessous il y avait ces mots : « Restez ambitieux. Restez imprudent ». Ce fut leur adieu avant que la publication ne cesse d’exister. J’ai toujours souhaité rester ambitieux et imprudent. Désormais, c’est à vous que j’adresse ce souhait.

Stay Hungry, stay Foolish.

Steve Jobs, 2005

Ressource

Mis à jour le 7 août 2018

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