L’injonction au bien-être dans le monde professionnel


Essais / lundi, avril 29th, 2019

Le rapport au travail évolue chez les nouvelles générations. Alors que le nombre d’arrêts maladie, notamment d’arrêts longue durée explose, dans le même temps se ressent de plus en plus une injonction au bien-être professionnel. Cette injonction s’observe dans les magazines, les œuvres culturelles, les éditoriaux et jusque même l’intitulé des offres d’emplois. Les entreprises dont les salariés sont malheureux sont montrées du doigt.

Quel est l’impact de l’injonction au bien-être dans le monde professionnel ? Plus généralement, quelle est la place du travail dans nos sociétés ? Comment éviter la fracture sociale qui ne manquera pas de survenir ?

Pour tenter de répondre à ces questions, j’ai tout d’abord explicité la manière dont la société française se transforme : à travers les besoins de ses individus, parallèlement à ses avancées technologiques, relationnelles et humaines. J’ai dégagé ensuite dans un effort d’exhaustivité les problèmes engendrés par de telles injonctions, dont on pourrait pourtant
croire qu’elles ont pour ambition de les faire disparaître. Enfin, je propose quelques pistes de réflexion afin d’appréhender au mieux ces rapports interindividuels nouveaux.

Résumé de l’essai

Dans un premier temps, en s’appuyant sur l’analyse de l’environnement actuel, a été démontré une modification des attentes au regard du travail pour les nouvelles générations, mais également des changements dans les méthodes de management. De plus en plus de travailleurs appartenant à la catégorie socioprofessionnelle supérieure se désengagent du travail salarial. En réponse les entreprises tentent de renforcer leur attrait à travers l’assouplissement de politiques de gestion ou encore par l’adoption d’une injonction au bien-être.

A ce renouveau générationnel répondent des adaptations managériales. Ces adaptations, pas toujours sincères ou dénuées d’intérêts, ont du mal à reconquérir des cadres déjà désavoués. Cette vaine tentative creuse l’écart entre les désabusés et ceux qui, par courage, résignation ou aveuglement, font encore le choix de croire en le modèle de l’entreprise. De cela résulte un mal-être professionnel, et à terme, une fracture sociale, point de tension dans une société de plus en plus inégalitaire, en passe de rupture.

Enfin, à l’image d’un couple, employés et employeurs entretiennent une relation dans laquelle il est bon de ne pas projeter des attentes trop importantes d’un côté comme de l’autre. Car à nourrir des exigences trop élevées, à savoir demander à une entreprise de nous combler sur tous les points, sur le plan professionnel, mais surtout personnel, on risque fort de connaître des désillusions. Cela passe par un travail individuel, un recul et une réflexion personnelle sur ce qui fait notre bonheur, mais aussi par un travail collectif visant à revisiter la place du travail dans nos sociétés, tout du moins, dans la manière de travailler.

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Mis à jour le 5 mai 2019

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